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Adapter le monde du travail à l’enseignement
Je préférerais pour ma part la seconde option,
pour mémoire adapter le monde du travail à l’enseignement. Comment procède-t-on ? Nous étudions donc principalement le Français, les Mathématiques, les Langues vivantes, les Sciences dures,
l’Histoire-Géographie, la Philosophie tandis que nous développons des secteurs professionnels (laissés en jachère depuis quelques années) correspondant à ce savoir. Que diriez-vous de la
pédagogie, de la culture, de la recherche, de l’engineering, du social, de la communication, de l’animation, du tourisme ? Je ne crois pas que ces carrières soient vétustes au point d’en
restreindre scandaleusement les postes sous le prétexte minable que ces secteurs coûteraient beaucoup en rapportant peu.
Parlons du tourisme. La France est le pays qui accueille le plus de touristes dans le monde. N’en déplaise aux nationalistes attardés, sa plus grande richesse est son passé (outre son relief, son art, ses vins, alcools et fromages) au point que des économistes très sérieux envisagent son avenir sous la forme d’un État-Musée. Initier les élèves à leur patrimoine culturel (Beaux-Arts, Histoire, Gastronomie, Architecture, Géographie physique) est donc moins une inepte coquetterie d’intellectuel qu’un impératif économique national.
Parlons encore de pédagogie, d’animation. À
l’heure où nombre de familles n’ont plus de temps à consacrer à leurs enfants, il serait préférable de les faire encadrer par des animateurs et des pédagogues leur proposant des activités
ludiques, sportives, culturelles ou artistiques plutôt que de les laisser zoner dans la rue, le chanvre et la bière pour uniques divertissements. Cela existe déjà mais en nombre insuffisant. Tout
ce que l’on dépensera pour éveiller les jeunes ne sera plus dépensé dans le social, la répression ou la réclusion, sachant qu’un gamin encadré et épanoui devient rarement un cas social, une
petite frappe ou un tueur psychopathe. Il va sans dire que pour occuper ces postes de guide ou d’animateur, un bagage culturel conséquent sera le bienvenu (Français, Langues vivantes,
Histoire-Géographie, Histoire de l’art).
À l’étude des matières principales, j’ajouterais
volontiers des cours obligatoires de Politique, de Droit et de Religion. Il ne s’agit pas d’influencer les élèves dans leurs convictions – qui, à l’âge tendre, imitent scrupuleusement celles de
leurs parents – mais de les sensibiliser à des phénomènes importants. Un bon citoyen est censé voter, et ce dès l’âge de 18 ans, mais où l’a-t-on véritablement initié aux arcanes de la
politique ? Nul n’est censé ignorer la loi ; en l’absence de toute instruction, sommes-nous tous nés délinquants ? On se doit d’être tolérant dans un État laïque, certes mais qui
nous a enseigné les valeurs et les dangers du bouddhisme, du taoïsme, de l’hindouisme, de l’islam, du judaïsme, ou même du christianisme ? À l’évidence notre programme scolaire contient
d’énormes lacunes, sciemment entretenues par le pouvoir conscient qu’un peuple ignorant demeure soumis. Diviser pour mieux régner reste sa seule devise ; instruire le peuple fissure son
trône. Qu’on initie donc les élèves aux sciences politiques afin qu’ils puissent au moins s’autodéterminer, qu’ils choisissent leur propre destin et parviennent à déjouer les ruses rhétoriques,
les pièges économiques, les trappes sociales de leurs dirigeants.
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