Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 17:43

 

                On me demande souvent si je cherche réellement un emploi ou si je désire secrètement vivre dans l’oisiveté. La question n’est pas illégitime. Peu m’importe en vérité, c’est la société qui décidera de mon sort. Le peuple et ses représentants n’ont plus qu’à accorder leurs violons pour me livrer à la liberté conditionnelle ou aux travaux forcés. Et, sans louvoyer, sans tergiverser, s’en tenir à ce seul choix une bonne fois pour toutes. Leur orchestre qui vire fâcheusement à la cacophonie doit se soumettre à la même baguette afin de se rendre enfin audible.

               Je m’en remets donc à vous comme arbitre et juge. Peu contrariant de nature, plutôt fataliste, le verdict m’indiffère quelle que soit ma condamnation.



                Citoyen français, lecteur de ce blog, la balle est dans ton camp. À toi de l’écrire, cette conclusion ! N’oublie pas que ton serviteur compte ses heures et qu’un digne érémiste ne saurait faire mentir plus longtemps sa mauvaise réputation.


Par ursul - Publié dans : 9 Sans conclusion
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 17:39

 

Adapter le monde du travail à l’enseignement
 


           Je préférerais pour ma part la seconde option, pour mémoire adapter le monde du travail à l’enseignement. Comment procède-t-on ? Nous étudions donc principalement le Français, les Mathématiques, les Langues vivantes, les Sciences dures, l’Histoire-Géographie, la Philosophie tandis que nous développons des secteurs professionnels (laissés en jachère depuis quelques années) correspondant à ce savoir. Que diriez-vous de la pédagogie, de la culture, de la recherche, de l’engineering, du social, de la communication, de l’animation, du tourisme ? Je ne crois pas que ces carrières soient vétustes au point d’en restreindre scandaleusement les postes sous le prétexte minable que ces secteurs coûteraient beaucoup en rapportant peu.

           Parlons du tourisme. La France est le pays qui accueille le plus de touristes dans le monde. N’en déplaise aux nationalistes attardés, sa plus grande richesse est son passé (outre son relief, son art, ses vins, alcools et fromages) au point que des économistes très sérieux envisagent son avenir sous la forme d’un État-Musée. Initier les élèves à leur patrimoine culturel (Beaux-Arts, Histoire, Gastronomie, Architecture, Géographie physique) est donc moins une inepte coquetterie d’intellectuel qu’un impératif économique national.

           Parlons encore de pédagogie, d’animation. À l’heure où nombre de familles n’ont plus de temps à consacrer à leurs enfants, il serait préférable de les faire encadrer par des animateurs et des pédagogues leur proposant des activités ludiques, sportives, culturelles ou artistiques plutôt que de les laisser zoner dans la rue, le chanvre et la bière pour uniques divertissements. Cela existe déjà mais en nombre insuffisant. Tout ce que l’on dépensera pour éveiller les jeunes ne sera plus dépensé dans le social, la répression ou la réclusion, sachant qu’un gamin encadré et épanoui devient rarement un cas social, une petite frappe ou un tueur psychopathe. Il va sans dire que pour occuper ces postes de guide ou d’animateur, un bagage culturel conséquent sera le bienvenu (Français, Langues vivantes, Histoire-Géographie, Histoire de l’art).
 


          À l’étude des matières principales, j’ajouterais volontiers des cours obligatoires de Politique, de Droit et de Religion. Il ne s’agit pas d’influencer les élèves dans leurs convictions – qui, à l’âge tendre, imitent scrupuleusement celles de leurs parents – mais de les sensibiliser à des phénomènes importants. Un bon citoyen est censé voter, et ce dès l’âge de 18 ans, mais où l’a-t-on véritablement initié aux arcanes de la politique ? Nul n’est censé ignorer la loi ; en l’absence de toute instruction, sommes-nous tous nés délinquants ? On se doit d’être tolérant dans un État laïque, certes mais qui nous a enseigné les valeurs et les dangers du bouddhisme, du taoïsme, de l’hindouisme, de l’islam, du judaïsme, ou même du christianisme ? À l’évidence notre programme scolaire contient d’énormes lacunes, sciemment entretenues par le pouvoir conscient qu’un peuple ignorant demeure soumis. Diviser pour mieux régner reste sa seule devise ; instruire le peuple fissure son trône. Qu’on initie donc les élèves aux sciences politiques afin qu’ils puissent au moins s’autodéterminer, qu’ils choisissent leur propre destin et parviennent à déjouer les ruses rhétoriques, les pièges économiques, les trappes sociales de leurs dirigeants.

Par ursul - Publié dans : 8 Solutions proposées
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 17:35

 

Adapter l’enseignement au monde du travail

 

             Mais le vide éducatif dénoncé épouse une vanité pédagogique plus encore inquiétante. L’Éducation Nationale formerait soi-disant de futurs travailleurs. Je veux bien. À quoi vont nous servir les équations au second degré, la géométrie dans l’espace, la reproduction chez les batraciens, la guerre de cent ans et autre spleen baudelairien ? Au mieux peuvent-ils susciter l’intérêt des futurs mathématiciens, architectes, zoologistes, historiens et esthéticiens ; combien d’entre nous sont destinés à exercer ces professions ? Pourquoi ce savoir élitiste lorsque la société ne recherche que des profils manuels, techniques et commerciaux ? Il serait peut-être temps d’apprendre utile.

 


              Que retiendra un élève moyen de 8 heures de cours par jour à raison de 5 jours par semaine, agrémentées des devoirs du soir ? Passé dix minutes d’un discours abstrait, la faculté de concentration diminue, la capacité d’écoute s’épuise. Et cela plus encore chez les adolescents que chez les adultes. Et cela davantage entre quatre murs qu’à l’air libre. Le savoir s’assimile alors à un vrai bourrage de crâne, la culture à un jeu de Trivial Pursuit. Une fois leur diplôme obtenu, les bacheliers ne se souviennent de quasiment rien des différents programmes qu’ils ont étudiés depuis leur prime scolarisation. Ils baragouinent l’anglais, massacrent l’espagnol, ignorent l’allemand et, plus grave, malmènent leur langue maternelle s’avérant souvent incapables de rédiger une phrase dans un français correct (lexique et syntaxe inclus). Que dire des sciences humaines ou des sciences exactes ? À l’exception de quelques fanatiques, ils s’en foutent ou n’en ont rien retenu. Au mieux toutes ces matières naguère fondamentales devraient-elles devenir purement optionnelles.



             On imputera trop facilement la responsabilité de cette inculture à l’insouciance d’une génération de pubères renégats. On devrait plutôt féliciter ces élèves lucides qui rejettent en bloc un savoir inadapté aux exigences de l’avenir. Chaque élève de France sait pertinemment qu’au terme de ses études et face à l’emploi, il ne sera jamais jugé sur son éloquence, son style littéraire, sa vivacité d’esprit, son génie déductif ou son érudition encyclopédique. Les jeunes ont compris depuis longtemps que le monde du travail ne requiert qu’une soumission aveugle, une hypocrisie totale doublées d’une solide ignorance teintée si possible d’idiotie.

             Preuve en est, je suis un ancien premier de la classe reconverti naturellement en érémiste. Et depuis vingt ans, ce phénomène collectif de lobotomie, ce bannissement des lumières planifié, n’a fait que s’amplifier. Il n’est d’élite que financière, « artistique », sportive ou physique (businessman, chanteur, footballeur, mannequin pour exemples). Pour dominer le pays, aujourd’hui, mieux vaut être un trou du cul qu’un cerveau, un bref aperçu des dernières élections vous le confirmera.

              Déplorer cette décadence ne nous aidera en rien. Puisque le monde du travail sollicite de notre médiocrité, l’enseignement devra lui-même se borner à l’usage pratique et des connaissances techniques. Le permis de conduire est la condition sine qua non pour travailler ? On passera son permis au sein même de l’Éducation Nationale ! Chaque lycée y aura son auto-école, chaque moniteur tiendra lieu de professeur.



On veut des gens dans la Restauration ? On apprendra tous à cuisiner. On manque de techniciens et de bras ? On nous formera principalement à ce type d’emplois. Les Lettres, les Mathématiques, les Langues vivantes, les Sciences dures, l’Histoire-Géographie, la Philosophie seront remplacées par Conduite-Transports, Restauration-Hôtellerie, Mécanique, Commerce-Téléphonie, Soins et Technique de surface. Si d’aventure quelques potaches farfelus désiraient consulter nos vieux grimoires poussiéreux, nous les comblerions d’une option Littérature à faible coefficient. Si un fou furieux s’entichait du Latin, nous l’expédierions promptement vers le seul collège proposant cette option… au Vatican.



             J’ai l’air de plaisanter mais je redoute mon sérieux. À plus d’un titre, j’aurais envie d’en rire mais je crains dans ma bouffonnerie d’avoir touché juste : une école médiocre qui forme aux métiers de demain n’est pas plus aberrante qu’une pédagogie élitiste sans espoir de débouchés. Je vous laisse seul juge mais, dans le fond, ne serait-ce pas plus logique ? Autant préparer la plèbe aux corvées futures sans l’animer de vains espoirs ; n’est-ce pas plus humain ? Les gosses de riche rejoindront vite la faculté tandis que les autres nettoieront déjà ses bancs. Réfléchissez-y, nous n’avons pragmatiquement que deux choix : soit nous adaptons l’enseignement au monde du travail, soit nous adaptons le monde du travail à l’enseignement. Pour quelle solution opteriez-vous ?

 

Par ursul - Publié dans : 8 Solutions proposées
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 17:34

 

Instruction Nationale et Éducation Nationale


           Malgré l’éloge discret rendu au baccalauréat comme modèle démocratique, je dois admettre que l’Éducation Nationale dans son enseignement général n’est plus adaptée aux besoins du pays. Cette institution forme plus de perroquets mimétiques et de cancres absolus que de futurs citoyens actifs.

    


           Théoriquement, l’éducation procède de la famille et non pas de l’école, du collège ou du lycée voués à la seule instruction. Si tant de parents ont abdiqué devant leur devoir éducatif pour diverses raisons (indisponibilité, irresponsabilité, incapacité), l’État devra un jour s’en émouvoir en demandant aux enseignants de pallier ce manque, d’initier leurs élèves à la vie civique, aux bons usages, à la politesse élémentaire. Ce n’est pas le rôle d’un pédagogue mais ça le deviendra. Demain, les professeurs seront formés pour cela : éduquer et instruire.


           Si la population veut toujours autant d’enfants, elle ne peut ou ne veut plus s’en occuper. Les « Monte dans ta chambre ! », « Va jouer dehors ! », « Fous-nous la paix ! », « Va voir tata ! » et le rituel « À table ! » résument assez bien le potentiel éducatif des familles françaises. Que voulez-vous ? Éduquer un enfant n’est pas un métier et se reproduire n’exige aucun diplôme. Beaucoup de cas sociaux en butte au monde du travail ne sont pas plus incompétents, plus indisciplinés ou plus stupides que d’autres, ils sont simplement sans éducation, entendez par là sans repère civique. Dire bonjour ne leur viendrait pas à l’esprit, s’excuser encore moins, remercier relève du plus parfait exotisme. Comment voulez-vous intégrer cette population défavorisée dans un monde du travail où l’hypocrisie consommée – appelée « civisme » chez les travailleurs – demeure la vertu cardinale ?


           Demain l’Éducation Nationale portera bien son nom qui, pour l’heure, mériterait plus justement celui l’Instruction Nationale. Que les choses soient claires : je ne félicite pas les parents de leur abandon mais encourage le pays à sauver leur progéniture. Nous n’avons pas le choix.

Par ursul - Publié dans : 8 Solutions proposées
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 17:31

 

Concours anonyme obligatoire

 

               Afin de sélectionner le candidat à l’embauche, je préconise l’obligation du concours pour l’obtention d’un emploi. Serait-ce scandaleux d’être recruté sur concours anonyme ? Juge-t-on aberrant le diplôme du baccalauréat sanctionné selon la même procédure ? On serait davantage outré de constater qu’un diplôme dépend d’un hasardeux copinage, d’un heureux parrainage, d’un illustre patronyme, d’une jolie petite frimousse, d’un buste attrayant, de minauderies prometteuses, d’un contrat sexuel, d’un achat en liquide (ou en espèces), d’un échange de bons procédés, d’un vulgaire troc, d’un patrimoine génétique idéal, d’un physique caucasien ou encore d’un certificat de « bonne religion ». Dans nos institutions, on ne procède à aucune discrimination avant l’âge de 18 ans et chacun s’en flatte, la majorité passée nous sommes tous soumis à cette sinistre règle sans que personne ne s’en afflige. Un emploi devrait se mériter autant qu’un diplôme, n’est-ce pas logique ?


                Beaucoup de postes auxquels je pourrais normalement prétendre me sont interdits par un simple délit de sale gueule. Je n’ai pas le bon sexe, je n’ai pas le bon âge, je n’ai pas la bonne tête, je n’ai pas le bon nom, la bonne famille, la bonne éducation, etc… Autant de tares qui, touchant hier les seuls enfants visibles de l’immigration (basanés pour la plupart), écartent aujourd’hui les rejetons d’une classe moyenne pourtant bien gauloise. Quand cessera-t-on cette mascarade ? cette parodie de démocratie ?

 

               Un récent bouquin est sorti au titre évocateur L'ascenseur social est en panne... : J'ai pris l'escalier !, évoquant les astuces d’un jeune entrepreneur improvisé d’origine maghrébine pour se sortir du marasme français. Au-delà du jeu de mots savoureux et du sourire qu’il autorise, un tel aveu m’inspire surtout une franche irritation. Si l’on répare des ascenseurs fonctionnels dans le seul but de ruiner les Français sous le prétexte sécuritaire de les remettre aux normes, qu’attend-on pour réparer le fameux Ascenseur Républicain ?


               Que peut espérer un jeune sans pedigree sanctionné d’un diplôme en sciences humaines, en littérature, en projets culturels ou autre galéjade inventée pour surseoir au chômage ? On amène le jeune plouc à la fontaine puis on lui interdit de boire, voilà la vérité. Je n’en démordrai pas : le concours anonyme pour l’obtention d’un emploi (non manuel) reste le seul rempart contre l’injustice sociale et le meilleur garant d’une compétence professionnelle optimum. À bon entendeur, salut.

Par ursul - Publié dans : 8 Solutions proposées
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